L’intelligence artificielle dans l’expertise
- A la uneL’Institut Européen de l’Expertise et de l’Expert (EEEI) a rendu en août 2026 une première enquête européenne sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’expertise judiciaire, conduite depuis septembre 2025. Cette enquête a permis de recueillir plus de 250 réponses provenant de 8 pays.
Le rapport fait ressortir plusieurs enseignements : tout d’abord, l’IA est déjà utilisée par de nombreux experts, mais de manière largement informelle. Les experts utilisent l’IA pour améliorer l’efficacité et réduire la charge de travail : recherche d’informations, résumé de documents, rédaction et reformulation. L’intégration dans les procédures judiciaires reste toutefois limitée. Les freins à une extension de cette utilisation sont d’ordre éthique et déontologique, et sont par ailleurs liés à l’incertitude des résultats et au manque de formation. Il existe ainsi parmi les experts une forte demande de formation à ces outils et un consensus sur le besoin de transparence.
Le rapport souligne l’importance de la responsabilité humaine dans l’utilisation de l’IA et du contrôle final fait par l’homme : l’expert conserve l’entière responsabilité juridique du contenu soumis au tribunal. L’utilisation de l’IA ne doit pas compromettre le raisonnement de l’expert.
Suite à ce rapport, considéré comme un point de départ pour un dialogue européen, l’EEEI propose une approche européenne pragmatique et équilibrée, fondée sur un contrôle humain et une responsabilité pleine, une transparence proportionnée, le respect des cadres juridiques et éthiques, une utilisation sécurisée des outils ainsi qu’une formation progressive et adaptée aux domaines. Elle souhaite ainsi mettre en place des centres d’aide et directives d’utilisation de l’IA dans les travaux d’expertise, afin de guider les experts tout en leur permettant d’améliorer leur efficacité. Ces guides pourront également éduquer les experts aux questions de sécurité des données, qui ne semblent aujourd’hui suffisamment prises en compte par les experts interrogés.
Vous pouvez consulter l’étude en cliquant ici.
